Actualité syndicale du site de Bosch Saint-Ouen

Après s’être successivement mis à dos, les chauffeurs de taxi, les transporteurs routiers, les pêcheurs, les enseignants, les salariés de la télévision publique et dernièrement les militaires (un bel exemple pour le chef des armées), le petit Nicolas, alias Bling-bling 140%, a fait passer en douce par son équipe au Parlement (326 voix pour, 222 contre), juste avant les congés d’été, une loi portant le nombre de jours de travail à l’année pour un cadre de 218 jours à 235 jours.
Si sur la forme, la technique est contestable car bien sur, aucune organisation syndicale n’a été préalablement consultée (à quoi bon ???), sur le fond, cette loi nous fait revenir à la période dorée du patronat avant 1936 !!!
Car en faisant un calcul rapide, cela équivaut à faire venir travailler un cadre y compris les jours fériés (10 dans l’année), à l’exception du 1er mai, seul jour férié chômé du code du travail.
Quel bonheur de devoir passer le jour de Noël au travail au lieu de fêter en famille devant le sapin la fin de l’année. Sans parler de la Saint-Sylvestre…
A quand la remise en cause des 5 semaines de congés payés ?
Ce que dit la loi :
Un simple accord d’entreprise (et non plus un accord de branche comme aujourd’hui), permettra de franchir le seuil des 218 jours.
A partir de la 219ème journée travaillée, ces journées supplémentaires seront majorées d’au moins 10%.
Dans les faits, travailler 235 jours représente 2500 heures par an au lieu des 1607heures dans le calcul horaire.
Concernant les heures supplémentaires qui sont pour l’instant majorées de 25% pour les cadres non en forfait jour, elles ne seront plus majorées que de 10% au minimum.
Le plus grave, c’est qu’en passant à 235 jours, cela veut dire que les cadres perdront toutes leurs RTTs, et qu’ils ne pourront plus en obtenir dorénavant qu’en venant travailler le samedi ou le dimanche…
La CFDT restera vigilante à Mondeville quant au maintien des jours de RTTs dans le cadre d’un forfait à 218 jours au maximum, mais en portant le nombre de jours travaillés à 235 jours par an, les patrons ayant la loi pour eux, seront fortement tentés de faire travailler les cadres plus pour gagner moins !!!
La loi sera soumise au Sénat d’ici fin juillet avec un passage en deuxième lecture au Parlement probablement à la rentrée.
En prenant en compte également les temps de publication au Journal Officiel des décrets d’application, cette loi ne devrait pas être applicable avant le dernier trimestre 2008.
Le candidat nous avait prévenu : « Ensemble, tout devient pénible ! »
CFDT Bosch Mondeville, le vendredi 11 juillet 2008