Actualité syndicale du site de Bosch Saint-Ouen
Bien évidemment cette réunion avait pour objectif de faire le point de la situation du Groupe à
l’approche du dernier trimestre d’une année 2012 qui s’annonce comme celle de la «rechute » économique après la crise de 2009.
Fort heureusement, cette dégradation sensible du contexte économique ne ressemble pas à l’effondrement brutal et quasi général de l’activité entre 2008 et 2009.
En outre, alors qu’à l’époque la crise avait totalement surpris le Groupe, ce dernier a sans doute pu mieux préparer et anticiper ce ralentissement.
Il n’empêche que la prévision globale de chiffre d’affaires pour 2012 qu’une prévision prudente de la Direction Générale estimait de +6,1% pour atteindre 54 milliards d’€uros ne sera pas atteint.
Sans entrer dans le rouge (les pertes) ce chiffre d’affaires aura du mal (à périmètre comparable) à dépasser le niveau de l’activité 2011.
On retrouve donc en Allemagne les mesures d’économies drastiques qui se déclinent dans tous les pays Européens.
- Gel quasi-total des embauches (un chauffeur de la Direction générale à la Schillerhöhe tout de même embauché au mois d’Août …)
- Gel de tous les investissements (y compris les déménagements de bureaux…)
- Restrictions dans les déplacements et formations professionnels.
- Diminution presque partout du nombre de travailleurs intérimaires et de C.D.D.
La totalité des 3 secteurs d’activités de Bosch sont atteints par ce ralentissement de l’économie (UBK automobile, UBI biens de productions industrielles, UBG biens de consommation).
3 Divisions sont principalement en grandes difficultés: DS (injection diesel la plus importante Division du Groupe), DC (Bosch Rexroth) et SE (Energy Solar).
D’aucun relèveront qu’il s’agit des 3 Divisions implantées sur le site
de Vénissieux (VxP1+ VxP2).
La Division DS avait tablée sur une croissance très forte en Chine.
Outre le ralentissement de la croissance dans ce pays Continent, les autorités légales (et très réglementaires) ont différé le passage aux normes anti-pollution qui auraient rendus obligatoire la motorisation Commonrail.
La Division DS tablait énormément sur ce passage au Commonrail pour prendre véritablement pied sur le marché Chinois. Pour l’heure c’est différé.
C’est le site de Bamberg qui est pour l’heure le plus impacté avec une prévision de 25 à 27 jours de chômage partiel d’ici à la fin de l’année 2012.
BOSCH Rexroth, est aussi dans le rouge. La baisse d’activité est notable aussi bien dans l’hydraulique mobile et dans la construction de machines outils. (Sans parler du secteur de la Pneumatique fortement attaqué par la concurrence qui profite de l’incertitude persistante sur la cession de cette activité).
En Allemagne 2 sites de DC sont très durement frappés par la conjoncture et exposés au chômage partiel: Horp et Schweinfurt.
Le site de Boxtel au Pays Bas est également touché en fin d’année mais dispose pour 2013 d’un carnet de commandes bien chargé.
Chez Solar Energy, le rayon de soleil est venu de France avec l’annonce d’un très gros contrat de 70 mégawatts avec un électronicien National.
C’était un signe fort attendu par la Division… OUI la France peut être un marché porteur pour la nouvelle Division du Groupe Bosch !
Ne doutons pas que ce premier gros contrat commercial en appellera d’autres et que pour peu que les politiques se décident enfin à sauvegarder le peu qui reste de la filière Européenne du photovoltaïque l’usine de Vénissieux pourrait connaître un beau futur.
Le nouveau Directoire de Bosch semble vouloir maintenir les efforts engagés depuis 4 ou 5 ans dans le domaine des énergies renouvelables et en particulier dans le photovoltaïque.
Mais il est dit clairement également que « chaque €uro de bénéfice dans les autres Divisions ne pourra pas indéfiniment être placé dans Energy Solar ! ».
La question des coûts est et sera au cœur des débats dans les prochains mois.
Pour l’heure la Division a annoncé les fermetures des sites de Erfurt (400 salariés(es) technologie dites des couches minces) et de Barcelone (Une centaine de salariés(es) modules photovoltaïques).
Pour Erfurt, une très large majorité des salariés(es) devrait être reclassée sur le site d’Arnstadt et pour Barcelone des négociations sont en cours avec les syndicats Espagnols.
Un autre site de la Division Energy Solar est en danger, il s’agit d’un site déjà ancien de Aléo Solar à Prenzlau . Ce site dont les investissements sont déjà amortis, fortement moins robotisé que le site de Vénissieux et aux coûts salariaux faibles (situés sur le territoire de l’ex RDA) revendique de pouvoir être impliqué dans la fabrication de modules.
Et la France dans tout cela ?
La France bien évidemment n’échappe à morosité générale.
A fin août: Toutes les activités du Groupe en France sont: soit à la stagnation soit en récession.
Sur un marché stable, la Division AA (rechange auto) enregistre une croissance de chiffre d’affaires de 5,9% et une hausse de 1,5% par rapport au plan.
Là aussi sur un marché stagnant, la Division PT (Outillage électroportatif) progresse de 5,7% mais reste en dessous du plan avec -2,9%.
La Division TT (thermotechnique) marque le pas avec un chiffre d’affaires tout juste supérieur de 1,4% à celui de l’an dernier à pareille époque (0,3% par rapport au plan).
Dans un marché en baisse, la filiale Française de la Thermotechnique s’en sort plutôt mieux que ses consœurs Européennes.
La Division des Techniques de Sécurité (ST) se trouve en très grandes difficultés. Avec un C.A en recul de -11,6% et surtout inférieur de -24,4%, les objectifs sont loin d’être atteints.
Une grande inquiétude pour les salariés(es) de Clamart et Dardilly.
Les ventes de la première monte automobile affichent un chiffre d’affaires inférieur de -5,2% à celui de l’an dernier sur la même période(et -9,4% par rapport au plan).
Toujours dans le secteur de l’automobile:
- L’usine de Rodez a connu un bon premier semestre et affiche à fin août une hausse de 6,3% de son activité (+1,4% par rapport au plan).
La fin de l’année devrait être plus compliquée.
- L’usine de Mondeville connaît une chute marquée de son chiffre d’affaires de -21,1%.
(-1,6% par rapport au plan)
- L’usine de Moulins voit son CA replier de -10,3% (-4,8% par rapport au plan)
Les chiffres pour l’usine de Vénissieux sont difficilement comparables avec l’arrêt de la production des pompes CP1H et la mise en production des panneaux photovoltaïques.
Ce que l’on peut dire c’est que les prix et l’activité seront en dessous du plan pour l’activité solaire ainsi que la charge de travail restante pour DS (des Eléments pistons cylindres).
La Division Bosch Rexroth enregistre une baisse de 7,4% de son chiffre d’affaire pour l’ensemble de son activité en France.
Plusieurs fois revu à la baisse depuis l’été, l’usine de Vénissieux devrait terminer l’année avec un chiffre d’affaire à peine supérieur à 100 millions d’€uro.
Tout aussi préoccupante la situation du site de Bonneville ou le chiffre d’affaire prévisible en fin d’exercice ne devrait pas excéder 50 millions d’€uros au lieu de 61 millions d’€uros prévus au plan économique.
Concernant les effectifs, tous les sites sur lesquels on notait une présence significative de travailleurs intérimaires ou CDD (Rodez, Mondeville, Bosch Rexroth Vénissieux et Bonneville) devraient être vides de ces catégories de personnel en fin d’année. (Seul exception Moulins ?).
La prochaine assemblée annuelle plénière du Comité d’Entreprise Européen se déroulera les 19 et 20
mars 2013. D’ici là il faut espérer que
la situation ne se sera pas
dégrader encore plus.