Actualité syndicale du site de Bosch Saint-Ouen
Inter C.F.D.T du Groupe Bosch
Cette réunion du bureau restreint avait 2 points essentiel à l’ordre du jour : la situation de l’emploi au sein du Groupe au sortir de l’année 2013 et la nouvelle catastrophe sociale initiée par M.DENNER avec la délocalisation de la production de l’usine Suisse de Solothurn vers la Hongrie.
1/ La situation économique du Groupe à fin 2013.
Le chiffre d’affaires et le résultat du Groupe Bosch en 2013 sont en net amélioration par rapport à l’exercice précédent.
Hors les filiales BSH électroménager et ZFLS (systèmes de direction) qui ne sont plus intégrées dans les comptes de Bosch, le chiffre d’affaires atteint 46,4 milliards d’€uros en progression de 2,7% et le résultat s’établit à près de 6% du chiffre d’affaires, soit un point de mieux qu’en 2012.
S’il n’y avaient eu des facteurs négatifs comme les taux de change avec un €uros qui reste très fort et l’impact négatif de l’arrêt de l’activité photovoltaïque, on peut considérer que le Groupe ne serait pas très loin d’atteindre l’objectif de M. DENNER des 2 X 8 à savoir +8% de croissance du Chiffre d’Affaires et un résultat représentant 8% de ce même C.A.
Mais on va le voir, ces bons résultats ne se font pas sans des conséquences négatives sur l’emploi et en particulier en Europe de l’Ouest.
2/ Les effectifs au 1er janvier 2014.
Au 1er janvier 2014 l’effectif mondial du Groupe Bosch (sans les effectifs des sociétés BSH et ZFLS qui ne sont détenues qu’à 50% par BOSCH et dont les statistiques ne sont plus fiscalement et juridiquement consolidées dans les comptes de BOSCH) s’élevait à 280 866 salariés(es) contre 277 340 au 1er janvier de 2013 soit un effectif en légère augmentation mais qui résulte de la consolidation dans les chiffres d’entreprises acquises en 2013.
A périmètre comparable, l’effectif du Groupe serait en légère diminution.
C’est en Allemagne que la perte d’emplois est la plus massive en 2013 avec un recul de 1 466 emplois. (422 au sein de Robert Bosch GmbH et 1 044 dans les filiales).
Géographiquement les effectifs se répartissent ainsi:
En février, nous avions annoncé qu’en 2013 l’Europe (Hors Allemagne) ne serait plus la seconde région mondiale pour BOSCH et serait dépassée par l’Asie.
Il n’avait fallu que 2 mois pour que cette prévision ne devienne réalité.
Le décrochage est fait et la prochaine étape pourrait être tout bonnement que les effectifs en Asie dépasseront ceux de l’Allemagne dans 10 ans.
Entre parenthèses à côté du nom du Pays, les chiffres de la croissance ou des pertes d’effectifs:
Le tableau parle de lui-même. Quasiment tous les pays de l’Europe de l’Ouest perdent des emplois (France-293; Suède -160; Autriche -67; Hollande -62; Danemark -45; Suisse -32…)
A l’inverse ceux de l’ancienne Europe de L’Est continue leur ascension (Hongrie +684 ; Roumanie + 299 ; Russie +45 …) L’an prochain viendra se joindre à la liste la Serbie avec l’ouverture d’une usine à proximité de Belgrade.
Comme d’habitude, la Turquie enregistre une nouvelle progression significative de ses effectifs principalement dans les usines de Bursa.
Après la suppression en 2012 de près d’un millier d’emplois à Curitiba (au BRESIL), l’hémorragie ne semble pas payer l’instabilité politique et économique du pays.
Ce qui n’est pas le cas en Argentine avec la fermeture d’un site.
Stabilité aux USA et poursuite de la croissance des effectifs au Mexique qui comme prévu a dépasser pour la 1ère fois le Brésil en 2013 et se rapproche de leader ship sur le Continent Américain en talonnant les USA.
Après un recul en 2012 (c’était la 1ère fois), la Chine a reprit sa progression en dépassant très largement la barre des 30 000 salariés(es).
L’Inde poursuit une croissance très soutenue et le Vietnam confirme son émergence.
A l’inverse, le Japon et l’Australie connaissent un sort identique aux pays de l’Europe de l’Ouest. Considérés comme pays à hauts coûts, la perte des emplois y est régulière depuis plusieurs années.
3/ Situation dans l’usine Suisse de Solothurn.
Après l’usine anglaise de Stowmarket qui voit sa production de tondeuses à gazon être transférée en Hongrie, c’est au tour de l’usine de Solothurn d’être victime du syndrome de la délocalisation qui frappe M.DENNER et la nouvelle équipe dirigeante du Groupe.
L’usine de Solothurn (en Suisse Allemande) est une des plus vieilles usines de BOSCH puisqu’elle est dans le giron du Groupe depuis … 97 ans !
Avec 660 salariés(es) elle constituait depuis toujours une pièce essentielle de la division PT dans la production d’outillage électroportatif.
Hélas une longue ancienneté dans le Groupe ne constitue plus une assurance tous risques !!!
Actuellement elle fabrique une bonne partie des scies sauteuses de la gamme professionnelle dite « bleue » ainsi que différents accessoires (batteries, forets, burins, lames de scies …) Considérée comme un site à hauts coûts et pénalisée dans ses exportations (80% de la production) par un Franc Suisse beaucoup plus fort que l’€uro, la Direction du Groupe a décidé de délocaliser la production des scies sauteuses en Hongrie dans le site de Miskolc et la recherche et développement sur le site Allemand de Leinfelden (à côté de Stuttgart).
La production cessera à Solothurn en mars 2015.
330 salariés(es) perdront alors leurs emplois.
En délocalisant ces fabrications en Hongrie à Miskolc, la Direction met fin à un principe qui voulait que les produits de la gamme verte (grand public) et de la gamme bleue (professionnelle) soient fabriqués sur des sites différents. (A l’exception du site Malais de Penang).
Fin également à la pratique qui voulait que les produits de la Gamme bleue à haute valeur ajouté restent localisés dans les pays de l’Europe de l’Ouest et ceux de la gamme verte dans les pays à plus faible coûts de la main d’œuvre.
De quoi inquiéter sérieusement les collègues Allemands de Leinfelden, Murrhardt, Ravensburg …
Pour limiter la casse sociale, un accord de préretraite a été signé qui permettra le départ en préretraite à 58 ans pour les femmes et 59 ans pour les hommes … (Il faut dire que l’âge légale de la retraite en Suisse est de 64 ans pour les femmes et 65 pour les hommes).
Cet accord prévoit également la mise en place du cabinet Boston Consulting (qui décidemment réalise de bonnes affaires avec BOSCH en ce moment) afin de trouver des industriels intéressés à la reprise des locaux disponibles et des salariés(es).
Pour parvenir à cet accord nos collègues Suisse (qui n’ont de toute façon pas une culture très affirmée de la « grèviculture ») ont dû s’engager à ne pas engager de mouvement sociaux jusqu’au transfert effectif de la production.
COMMENTAIRE
La situation de l’emploi ne cesse de se dégrader en Europe de l’Ouest.
En 2014, la situation devrait se dégrader encore plus gravement avec la dislocation de l’activité photovoltaïque en Allemagne et en France, la fermeture partielle de l’usine Suisse de Solothurn (voir plus haut) et d’autres restructurations prévisibles.
Face à cette destruction des emplois qui s’intensifie avec l’avènement du règne de M.DENNER, nos collègues Allemands ont décidé de lui adresser à plusieurs milliers d’exemplaires la carte postale ci-dessous qui représentent Robert BOSCH demandant au premier de se souvenir de son enseignement !!!
Une prochaine réunion du bureau restreint du Comité d’Entreprise Européen interviendra les 13 et 14 janvier prochain avec à l’ordre du jour le point de la situation à Arnstadt et Vénissieux.