Actualité syndicale du site de Bosch Saint-Ouen
Ce C.C.E était important car, SYNDEX l’expert auprès du comité central d’entreprises nous a présenté son rapport intermédiaire sur le projet de cession de l’activité SE à SILLIA.
En parallèle, le mandataire nommé par le tribunal de commerce de Bobigny effectue un audit financier poussé des comptes de la Holding «SOFIE» (Maison Mère du Groupe ELVIA et SILLIA).
Il rendra son rapport le 4 Mars.
Le cabinet Syndex attend encore quelques éclaircissements concernant des lettres d’intentions ou d’engagements de certains clients avant de pouvoir finaliser son rapport.
En outre, le business plan qui nous est présenté devrait évoluer dans les semaines à venir, premièrement suite aux résultats de l’appel d’offres CRE 2, mais aussi pour le nombre de Mégawatts à réaliser en façonnage.
SYNDEX doit enfin encore rencontrer la Direction d’UBASOLAR et le mandataire du Tribunal de Commerce de Bobigny.
Jusqu’à présent il a rencontré longuement la Direction Générale et financière de R.B.F.R. M. Auffret Directeur commercial pour SE, les responsables du site de VXP1, Mr Cassin patron du Groupe SOFIE, ainsi que Mr Jouan Directeur de l’usine de Lannion.
SYNDEX regrette de ne pas avoir eu encore accès aux résultats 2013 qui semblent être meilleurs que ceux des 2 années précédentes.
Malgré cela, il apparait que la trésorerie du Groupe SOFIE est fragile.
Elle a été mise à mal en 2011 et 2012 suite à la crise et à l’effondrement des prix dans le photovoltaïque ainsi qu’à la baisse des volumes fabriqués.
Afin de faire face à ces problèmes, une réorganisation à l’usine de Lannion a été mise en place en 2013.
Alors que le site traitait près de 130 références et de toutes petites séries, entraînant 4 fois par jour des modifications sur la ligne, l’usine a standardisé sa production et réduit sa base client vers les gros acteurs.
Par ailleurs les conditions de paiement se sont durcies (il doit être réalisé avant expédition).
Enfin la productivité c’est accrue passant de 180 modules par équipe (10 personnes) à 210 avec un objectif à 240 en fin d’année 2014.
Selon les chiffres communiqués par SILLIA, le site a renoué avec les bénéfices lors du dernier trimestre 2013.
Prévisions de charges de travail:
Les chiffres de production annoncés sont ambitieux: 90,5 Mégawatts en 2014, 210 mégawatts en 2015, 213 en 2016, 234 en 2017 et 238 mégawatts en 2018.
Et encore ces prévisions de volumes qui concernent les 2 sites de Lannion et Vénissieux sont jugées comme une hypothèse basse !
La part du façonnage est importante et représente un peu plus de la moitié des volumes. (Le façonnage, c’est un client qui arrive avec tous les composants, cellules, cadres, etc.… et qui paye seulement le montage des modules)
L’avantage de ce type de production, c’est qu’il nécessite un fond de roulement minimum et que le chiffre d’affaires dégagé correspond à du bénéfice net (hors salaires et charges sociales). Il n’a pas à démarcher les clients finaux et ne subit pas l’évolution du prix de la matière première.
Le revers c’est que les marges dégagées sont plus faibles que sur les grands projets ou les grandes fermes solaires issues des offres de la CRE (Commission de Régulation de l’Energie).
Dans le domaine du façonnage SILLIA peut s’appuyer sur 2 clients très importants: le Coréen « BEN Q » (100 000 salariés dans le monde) et le chinois « YINGLY ». (N°1 mondial dans le photovoltaïque, production en 2012 de 2 450 Mégawats)
Signalons que ces 2 clients pour le façonnage proposent des conditions tarifaires bien meilleures que celles du précédent acteur (Renesola) qui était dans l’offre de reprise précédente de M.CASSIN.
En effet alors que le prix moyen du Watt Crête vendu par Vénissieux est situé entre 7,8 et 8,2 centimes d’€uros, Ben Q et Yingly affichent un prix d’achat entre 7,5 et 8,5 centimes alors que Renesola se situait entre 5,5 et 6,5 centimes.
En Février les résultats des appels d’offres CRE 2 seront connus, et devraient réduire la part du façonnage.
En effet sur les 1,4 Gigawatts de dossiers déposés et validés dans le cadre de cet appel d’offre, SILLIA est le fournisseur de modules retenu pour 1,1 Gigawatts, soir près de 80% des projets.
A l’issue de la procédure, seuls 400 Mégawatts seront attribués sur des grands projets.
SILLIA construit son offre sur une hypothèse d’obtention de 152 Mégawatts.
Cette hypothèse est de toute évidence minimaliste !!!
Comme à Lannion, un plan de montée en production va s’étaler sur plusieurs années afin d’être capable à Vénissieux d’arriver à monter 2 400 modules jours.
Des investissements significatifs (1million d’€uros financé par Bosch) aideront à parvenir à cet objectif.
La production devrait être principalement partagée entre les petites séries à Lannion et l’essentiel des gros volumes à VX.
Conditions suspensives:
Pour Bosch, il y a des conditions suspensives qui pourraient annuler la vente à SILLIA:
- La non concrétisation des volumes annoncés (notamment sur le façonnage).
- L’absence d’apport de la part de SILLIA au démarrage (1 million d’€uros)
- L’absence d’une caution des partenaires bancaires de SILLIA à hauteur de 3,3 millions d’€.
-Un éventuel avis négatif du mandataire had-hoc du tribunal de commerce.
Conditions et organisation du travail:
Tous ces sujets très importants seront traités lors de la mission spécifique confiée par le CHSCT au cabinet SYNDEX.
De plus Mr CASSIN sera présent le 18 février lors du prochain CCE afin de répondre aux questions.
Performances économiques:
En 2014, il est d’ores et déjà prévu que Vénissieux enregistre des pertes importantes (avec une activité industrielle qui ne devrait redémarrer qu’en juin).
En 2015, ce devrait être encore le cas en se rapprochant de l’équilibre.
En 2016 enfin, le résultat de Vénissieux serait positif.
Durant ces 3 années, la Direction de Bosch s’engage à soutenir SILLIA à hauteur de 3,1 millions d’€uros par an afin de combler les pertes éventuelles et répondre aux besoins d’investissements.
Ces sommes sous « Séquestre » sont reversées à SILLIA au fur et à mesure.
Si le montant n’est pas utilisé dans sa totalité, le solde non versé sera partagée entre SILLIA et RBFR.
COMMENTAIRE:
Dans ce pays hélas, des milliers de salariés(es) connaissent la fermeture de leurs entreprises.
Trop souvent les médias nous montre des milliers d’entre eux revendiquer ou espérer un repreneur pour leurs entreprises en perdition.
Quelques fois cela marche et le plus souvent cela ne marche pas !!!
Bien avant l’annonce officielle du jet de l’éponge dans le photovoltaïque le 22 mars 2013, la C.F.D.T avait considéré que la meilleure chance de survie pour l’usine, c’était son outil de travail unique en Europe que NOUS avions su faire venir à Vénissieux en 2010/2011.
Tout au long de l’année 2013, la C.F.D.T et ses militants ont multiplié les initiatives afin d’y parvenir.
Tous les acteurs du dossier considèrent que l’arrivée de SILLIA à l’automne puis le renforcement de son offre par URBASOLAR (dont le patron est le Président du syndicat des Energies Renouvelable solaires) ne sont pas anodins.
Ces arrivées dans le dossier correspondent à la volonté des autorités publiques de notre pays de préserver la filière Française du photovoltaïque.
La sauvegarde de l’usine de Vénissieux en est même devenue emblématique.
Sa Fermeture aurait sonné le glas d’une activité industrielle dans cette filière.
Cette implication du Gouvernement n’est pas venue toute seule.
La C.F.D.T n’a cessé d’interpeller et de rencontrer les Ministres concernés, le Préfet, les élus locaux …
Avec l’aide de plusieurs députés Européens, nous avons également contribué à la formation de l’accord entre l’Union Européenne et la Chine qui limite durant 3 ans les exportations Chinoises et qui impose un prix de vente minimum.
Nos initiatives à la Schillerhöhe n’ont jamais relâché la pression sur les dirigeants du Groupe Bosch.
C’est la C.F.D.T qui a mis en lumière les faiblesses initiales dans le dossier de reprise. (Vente de terrain, insuffisance de trésorerie…)
La C.F.D.T a été à l’origine de toutes les propositions de la prime de reprise au passage de 3 à 5 ans de la garantie accordée par Bosch à la reprise.
La C.F.D.T qui a travaillé activement à la préparation d’une solution alternative dans l’hypothèse ou la reprise aurait échoué au travers de la création d’une SCOP …
La C.F.D.T qui revendique un plan de préretraite ciblé chez nos collègues de VxP2 afin de proposer des postes aux indirects de VxP1 qui resteraient en sureffectif !
Aujourd’hui nous sommes presqu’au bout du chemin et la C.F.D.T a tenu les engagements qu’elle s’était fixés.
Certes nous aurions souhaité un repreneur de taille mondiale qui n’est pas venu.
Pour autant SILLIA est une véritable entreprise industrielle et un acteur connu, reconnu et en devenir dans le domaine du photovoltaïque.
Nous avons négocié un plan de préretraite qui ferait bien des envieux à l’extérieur de l’entreprise.
C’est la C.F.D.T qui a demandé et obtenu que les départs soient ouverts jusqu’au 31 décembre 2014 (ils étaient initialement fermés au 31 décembre).
Des départs volontaires seront possibles chez SILLIA (26 ?) dans les conditions Bosch et payés par Bosch.
Et 128 emplois seront préservés sur 154 salariés(es) transférés !
C’est beaucoup mieux qu’à Arnstadt ou au final on va préserver 1200 emplois sur 1 800 ou à Prenzlau ou on ne sauvera que 150 emplois sur 550 !
C’est vrai et M. Cassin l’a indiqué très clairement dès sa première visite sur le site. Son usine Bretonne n’a pas la taille qui lui permette d’exister sur le marché.
En revanche, l’addition des capacités de Vénissieux et de Lannion classe l’ensemble dans les toutes premières unités de production de modules photovoltaïques en Europe !!!
N’importe quel repreneur crédible et sérieux aurait bénéficié du même soutien !
En Allemagne les sommes engagées pour les reprises très partielles d’Arnstadt ou de Prenzlau sont bien supérieures.
A Vénissieux, X, Y millions d’€uros par exercice durant les 3 années à venir pour sauvegarder les emplois c’est trop ???
X millions d’€uros, ce sont à peu près les pertes de Bosch au cours des 3 dernières années. Mais ces pertes étaient enregistrées tous les jours (samedi et dimanche compris !).
Faux, ce soutien est supporté par la Division SE et n’impactera pas les résultats de Robert Bosch France.
M. Cassin s’est déjà exprimé à plusieurs reprises sur cette question. Il respectera les accords signés. Il souhaite engager une discussion sur l’organisation du temps de travail.
Son offre de reprise table par ailleurs sur une évolution du salaire moyen de +2% par an durant 5 ans !!!
Ce chiffre n’est ni plus ni moins que celui que Bosch avait prévu après 3 ans de production à pleine charge.
Cette montée en charge ne sera effective qu’en … 2016 et après des investissements significatifs : 2 stringers permettant de fabriquer des modules 72 cellules au même rythme que des modules 60 cellules.
Une électro luminescence en fin de ligne pour certifier la qualité des modules. Le réaménagement du poste de préparation des verres et des compléments des moyens de stockage.
Le prix de la cellule Bosch imposée variait entre 0,46 centime et 0,57 centime le Watt/Crète.
Le coût de revient moyen estimé sera demain de 0,30 centime soit près de 50% moins cher…
Une moitié des élus(es) et plusieurs autres militants et adhérents de la C.F.D.T sont transférés(es) chez le repreneur !
La C.F.D.T considère que sa revendication portant de 3 à 5 ans la garantie apportée par Bosch à la reprise est fondamentale à sa réussite !!!
En effet, toutes les conclusions du cabinet SYNDEX montrent que c’est au-delà de cette période que surgissent toutes les inquiétudes.
- Le bail accordé à SILLIA est un bail commercial classique (3 ans reconductibles). Si Bosch ne peut le rompre, le locataire (SILLIA) pourra s’en aller au bout de 3 ans.
- SILLIA dispose de 3 ans pour réussir à transformer l’outil industriel de Vénissieux en une usine capable de sortir plus de modules qu’elle n’en a jamais fabriqué.
- Bien qu’ils conservent un emploi, le transfert de Bosch vers SILLIA est légitimement vécu par les salariés(es) comme un saut dans l’inconnu avec la perspective d’une date de fin d’assurance à 3ans. (Quelles seraient les conditions financières d’un PSE en dehors du « parapluie Bosch » ???)
- En outre, la fin de l’accord sur les prix liant la Chine et l’Europe pourrait avoir des conséquences importantes sur la pérennité du modèle présenté par le repreneur dans … 3 ans !!!
La C.F.D.T a exigé que la Direction Générale nous donne une réponse avant le 12 février au soir.
A défaut, la C.F.D.T reviendra à sa revendication initiale d’une prime conséquente de reprise pour les 128 salariés(es) qui intègreront SILLIA.