Actualité syndicale du site de Bosch Saint-Ouen
Beauvais … Ce n’est pas totalement fini !!!
En fermant définitivement les portes début 2010, BOSCH entendait bien tirer un trait définitif sur le site de Beauvais.
La fermeture était consommée à l’issue d’un énième plan de restructuration de la Division freinage traditionnel (CB) qui conduira également un peu plus tard à celles des sites de Pampelune en Espagne et de Pont de l’Arche en Haute Normandie.
Mais c’était faire peu de cas de l’obstination et de l’abnégation des élus de la section syndicale C.F.D.T.
Ces derniers considèrent qu’on a fait payer aux salariés de Beauvais une addition qui n’était pas la leur !
L’usine de Beauvais qui a compté jusqu’à 2000 salariés n’est plus aujourd’hui qui friche industrielle à l’abandon
Ce fiasco n’était que la résultante d’une gestion calamiteuse de l’activité freinage par le Groupe Bosch.
Une multitude de Directions se sont succédées.
Sitôt installées la nouvelle se précipitait de faire totalement le contraire de celle qui l’avait précédée.
Dans un bassin d’emplois qui frôle les 40% de chômage, la C.F.D.T considérait et considère toujours qu’une autre alternative aurait pu être trouvée à cette catastrophe sociale si la Direction Générale de Bosch France et la Direction Générale du Groupe avaient véritablement voulu chercher une autre alternative.
En effet, quelques temps après, la reconversion industrielle quasi-totale de l’usine de Vénissieux dans le domaine du photovoltaïque a démontré que l’impossible ne le devient réellement que lorsqu’on ne le tente pas et dans le cas de Beauvais seul le mot « fermeture » émergeait de la bouche de la Direction !
Autours des élus(es) C.F.D.T une association s’est créée: «Les D. Boschés»
Une première procédure avec 86 salariés(es) fut engagée auprès du Conseil de Prud’hommes de Beauvais afin de contester les licenciements, arguant que tous les efforts de reclassement n’avaient pas été opérés par la Direction.
Sans surprise cette première procédure n’a pas aboutis.
(Le Conseil de Prud’hommes de Beauvais est sans doute la Juridiction du Travail de France dans laquelle les Conseillers du MEDEF sont les plus hyperactifs et … motivés )
La Cour d’Appels composée de Magistrats professionnels portera très vraisemblablement dans quelques mois un autre regard sur le dossier.
D’autant qu’un deuxième acte extrêmement important vient d’être
remporté par 3 élus (e) C.F.D.T le 12 juin 2012 devant cette fois
le Tribunal Administratif.
En raison de leurs mandats et de leur statut de salariés protégés accordé par la Loi, leurs licenciements étaient soumis à l’avis de l’Inspection du Travail et du Ministre du Travail. Dans les 2 cas, les fonctionnaires publics avaient autorisés ces licenciements.
Le motif de la contestation des licenciements était le même que dans la procédure Prud’homale à savoir une insuffisance des efforts de reclassements.
En effet, Bosch étant un Groupe très International, il se devait de formuler des propositions de reclassement dans d’autres pays.
Et pour cela il n’y avait pas que les pays « exotiques » low cost mais la quasi-totalité des pays limitrophe de la France ou de l’Europe de l’Ouest.
Bosch ne l’a pas fait et c’est ce qu’à sanctionné le Tribunal Administratif qui a donné raison aux 3 élus(e) de la C.F.D.T en cassant la décision de l’Inspection du Travail et surtout du Ministre du travail (du précédent Gouvernement).
Cette décision administrative pèsera bien évidemment lourd dans l’examen que va faire prochainement la Chambre Sociale de la Cour d’Appels dans le dossier des 86 salariés(es).
Conséquence, le tribunal Administratif a ordonné la réintégration de nos trois collègues (Caroline Labaume, Patrice Tempier et Sébastien Kuhne) ainsi que le paiement de leurs salaires (et des charges sociales afférentes) depuis leurs licenciements.
Cette première victoire doit en appeler d’autres !
Le 5 juillet, la même association des « D. Boschés » animée par les militants de la C.F.D.T a déposé devant le Conseil Prud’hommes de Beauvais(encore une fois en 1ère instance) les dossiers de 250 salariés(es) (210 de BOSCH et 40 de la société Honeywell) pour obtenir répartition du Préjudice d’Anxiété pour avoir travaillé dans l’amiante.
Ce préjudice d’anxiété vient d’être reconnu par la Cour de Cassation.
De grands groupes ont d’ores et déjà été condamnés à ce titre comme Valéo ou BASF
Ces 250 dossiers pourraient en appeler bien d’autres chez BOSCH car des sites comme Angers et Drancy ont été également des sites fortement amiantés. Au travers des années, des milliers de salariés(es) au total ont été exposés dans la division freinage de BOSCH à ce risque majeur pour la santé.
La C.F.D.T proposera en septembre dans les C.E concernés la possibilité d’organiser des réunions d’informations pour les salariés(es) et les retraités(es) en présence des avocats qui plaideront ce dossier à Beauvais.
Car la grande différence d’avec la SILICOSE des mineurs pour laquelle il faut être exposée sur une période longue pour la contracter, il suffit d’une particule d’amiante respirée pour que le mal soit fait et peut déclencher un cancer, 10, 20 ou 40 plus tard.
L’Amiante est officiellement interdit depuis 1997.
Or dès 1950, le doute n’était plus permis et les salariés(es), de l’ouvrier à la simple secrétaire au cadre, ont vécu parfois toute leur carrière professionnelle avec la connaissance de ce péril qui au fil des années se révélait de plus en plus meurtrier.