Actualité syndicale du site de Bosch Saint-Ouen
On pouvait craindre que cette première réunion de négociations soit à l’identique de toutes les précédentes.
C'est-à-dire, une Direction Générale qui veuille nous faire sortir les mouchoirs et qui nous prête plus à pleurer qu’à nous donner sur les salaires.
Et de fait, Monsieur Eichler s’efforça dans un premier temps de mettre en exergue la dégradation des coûts de production en France par rapport à l’Allemagne en soutenant que ces coûts du travail devenaient désormais plus élevés dans notre pays et que cela constituait un frein puissant aux investissements du Groupe.
Pour autant la Direction eut bien du mal à taire les bons résultats de l’entreprise qui seront réalisés dans notre pays en 2010.
La C.F.D.T n’eut guère de difficulté à démontrer que la reprise économique constatée à la fin de l’année 2009 s’était pleinement confirmée en 2010.
Le chiffre d’affaires réalisé par le Groupe en France (toutes activités confondues) devrait être de l’ordre de 2,6 milliards d’€uros soit une progression de 11% par rapport à l’exercice précédent.
Même progression pour le chiffre d’affaires des sociétés regroupées au sein du périmètre de Robert BOSCH France.
La première monte automobile (livrée directement aux constructeurs PSA et RSA) progressera de 8%.
Pour l’injection diesel la progression serait de l’ordre de 12% mais à un niveau encore inférieur de 32% par rapport à 2007 qui fut l’année référence.
L’injection essence progressera de 6%.
Le secteur de la rechange automobile devrait montrer une progression plus limitée de 3%.
Concernant le résultat des usines de production, c’est le site de Mondeville qui affiche la progression la plus spectaculaire avec +43%.
Rodez et Vénissieux montreraient une hausse cumulée de 26% mais les choses sont différentes selon les sites tirées principalement par l’usine Ruthénoise.
Dans le secteur du freinage ABS, Moulins progressera de 11%.
Seul le freinage traditionnel sous l’impact des fermetures des sites de Beauvais et de Pont de l’Arche enregistrera un nouveau recul de 2,5%.
Les ventes d’outillage électroportatif progresseraient de 11% confirmant la place de Numéro 1 de BOSCH sur le marché National.
La C.F.D.T a prit l’initiative de proposer à l’ensemble des autres organisations syndicales un argumentaire et un socle commun de revendications principales.
Nous avons proposé un texte qui a été accepté par toutes les organisations (voir plus loin).
La C.F.D.T proposait aussi à la Direction Générale un scénario différent de ce qui se passait habituellement (« du marchandage de tapis » et des petites avancées qui se faisaient d’une réunion sur l’autre avec au milieu des débrayages et des mécontentements inutiles !)
Ce fut une vraie surprise pour la Direction Générale !
Pour la première fois en effet était proposé dès la première réunion un socle de revendications commun sur l’essentiel du débat à savoir: Les augmentations générales, individuelles et spécifiques !
La Direction Générale accepta ce nouveau scénario proposé par la C.F.D.T. Elle voulait y voir comme un signe synonyme de maturité dans les relations sociales.
Après plusieurs suspensions de séances, le constat est plutôt positif !
La Direction propose une progression de 3% de la masse salariale (mais dont 0,5% est déjà «consommé» dans une participation supérieure de l’employeur dans la mutuelle).
Cette disposition est prévue dans le nouvel accord sur la couverture sociale qui a été ratifié par l’ensemble des syndicats à l’exception de la C.F.D.T !
Pour apprécier ce chiffre de 3% il convient de le comparer à l’évolution de l’inflation sur l’année de l’ordre de 1,6% et aux 2,7% obtenu par nos collègues Allemands.
2,2% seront affectés aux augmentations générales et individuelles. (la répartition restant à discuter. On peut décider de mettre tout ou partie sur l’augmentation générale) + 0,3% pour des augmentations spécifiques. (qui pourront sur certains sites être affectées sur des rééquilibrages entre catégories de salariés qui sont différemment impactées par la nouvelle couverture sociale santé).
L’ensemble des organisations syndicales ont approuvé cette conception nouvelle dans les NAO !
Pour la C.F.D.T la prochaine réunion (fin novembre) doit servir à examiner les revendications spécifiques propres à chaque syndicat et à chaque site.
Mais la C.F.D.T a très clairement exprimé sa volonté de voir la Direction octroyer une prime exceptionnelle en fin d’année afin de compléter le dispositif salarial.
Signalons également qu’à la date de fin septembre, le montant de la prime d’intéressement serait de:
466 €uros pour les sites de Mondeville et Pont de l’arche,
582 €uros pour Rodez,
698 €uros pour Angers, Moulins et Vénissieux,
815 €uros pour Beauvais et Drancy.
Concernant les différents services de St Ouen, le montant prévisible de la prime d’intéressement serait de 582 €uros pour le service de la rechange SPR, 815 €uros pour la rechange SEW, pour CM et pour les départements indirects, 1 048 €uros pour l’outillage PT, 1 164 €uros pour les services de la 1ère monte et 815 services géneraux.
Ces chiffres valables à fin septembre devraient se confirmer en fin d’année à l’exception peut être du site de Vénissieux en considération du paramètre important du taux de livraison (20% du montant) qui se dégrade depuis le mois de septembre.
COMMENTAIRE :
Sous l’impulsion et la prise d’initiative de la C.F.D.T, on peut considérer que cette première réunion des NAO 2011 a été un succès.
Les négociations salariales ne sont pas terminées pour autant !
Un très grand nombre de questions vont désormais être abordées.
Pour la C.F.D.T, une revendication importante sera l’obtention d’une prime exceptionnelle en fin d’année.
La question de l’emploi reste bien évidemment, la préoccupation principale.
Après les fermetures des sites de Beauvais, Pont de l’Arche, Fresnes les Montaubans, et celle en cours de Reichstett, ce sont maintenant aux salariés d’Angers et de Drancy de s’inquiéter légitimement de leur avenir suite à l’officialisation de la prise de contrôle majoritaire de leur activité (freinage traditionnel) par le Japonais AKEBONO.
Quant à Vénissieux, le dénouement est proche.
Le 19 novembre, le secrétaire du C.E du site rencontrera à la Schillerhohe Monsieur Von Hebel.
L’objectif de cette réunion ne sera pas de convaincre le patron de la Division SE (Energie Solaire) que la France offre un potentiel énorme de croissance et de développement pour cette activité.
La Direction Générale de RBFR, celle du site, les experts de Syndex et la C.F.D.T l’ont déjà fait à plusieurs reprises de manière pertinente.
L’objectif sera de convaincre M. Von Hebel de l’engagement et de la motivation de l’ensemble des salariés de Vénissieux afin d’investir toutes nos compétences et notre savoir faire dans cette nouvelle activité.
Le convaincre que le site de Vénissieux est le meilleur choix pour un nouvel investissement industriel en Europe.
Une invitation lui sera d’ailleurs donnée afin qu’il vienne en personne visiter le site et rencontrer les salariés de Vénissieux.